A mes descendants ...
1 - Au commencement était la vie ...
La vie n'a aucun sens et à ce titre, intellectuellement, je refusais
le principe d'avoir une descendance. C'était vrai et ça reste
vrai (que la vie n'a pas de sens). Puis finalement, vers la trentaine
bien tassée, une foudroyante envie m'a pris d'avoir une famille
et des enfants. C'était l'homme primaire, le cro-magnon qui surgissait
en moi et qui s'imposait dans le cadre sans doute d'une pulsion de survie
de l'espèce. Avant la naissance de mon premier enfant, j'ai cherché
un support original pour faire part de cette naissance à mon entourage.
J'ai inventé l'arbre généalogique interactif. Interactif car j'avais
programmé d'avoir plusieurs enfants. Donc l'arbre généalogique transmis
à l'occasion de la naissance du premier devait être l'occasion d'échanges
et de compléments d'informations avec les cousins éloignés afin de combler
les lacunes inévitables (la naissance d'un arrière petit-cousin ou le
décès d'une arrière grande tante oubliée, etc ...).
Il y eu 3 naissances et donc 3 arbres généalogiques distribués sous
forme papier, c'était assez volumineux (plusieurs dizaines de pages).
Sans doute un faire part particulièrement volumineux ! Le principe était,
avec cette diffusion, d'éviter que les informations se perdent et aussi
de permettre un jour, à un lointain cousin, de reprendre le flambeau
sur la base de ce document.
2 - Quelques feuillets manuscrits ...
Après la première naissance j'ai ainsi pu récupérer
des informations écrites de mon grand-père paternel sur sa jeunesse
retrouvés par ma sœur. Et c'est à partir de ces informations
que je me suis intéréssé tout particulièrement à une branche ascendante
originaire du Cantal.
Mon grand-père avait écrit quelques notes sur ses ascendants
et en particulier sur sa grand-mère maternelle. Je cite : "de ma
grand-mère Henriette Souquières je ne sais pas grand chose. C'était
une petite vieille toujours rieuse et gai. Elle portait une coiffe blanche.
Elle était du Cantal, avait perdu ses parents très jeune et élevé par
un oncle magistrat à Aurillac. Elle avait d'autres soeurs que je n'ai
pas connus et qui à la mort des parents avait été réparties dans les
familles apparentées. L'origine mais lointaine de sa famille était
noble." Cette Henriette Souquières avait vécu à Flagnac (au nord
de l'Aveyron) avec son mari et ses enfants mais était donc originaire
du Cantal. Après une visite à Flagnac ... il me fut impossible de remonter
son ascendance. Il y avait seulement quelques Souquières sans liens
avec mon Henriette. Echec !
3 - A la recherche de Henriette Souquieres
J'ai donc choisi de téléphoner systématiquement à des Souquières
vivant dans le Cantal ... et éventuellement intéressés par la généalogie.
Parmi mes coups de fil je contacte une dame Yvette Souquières ... "de
bon poil ce jour là" ... comme elle me le dira plus tard ! Elle ne s'intéresse
pas du tout à la généalogie mais accepte de recevoir mes documents ...
Le noyau dur du club des Souquières était né sans que nous ne le sachions
à ce moment.
Quelques mois plus tard mes parents vont à Marcolès (Cantal - France)
où ils rencontrent une Mme Claude B., qui fait des recherches généalogiques
sur la région. Et en plus elle a des Souquières dans ses ancêtres. Bonne
nouvelle! Pour raccourcir les évènements, grâce à ces deux personnes
je suis parvenu à retrouver les frères et soeurs de "mon" Henriette,
ses parents, grand-parents ainsi que plusieurs générations au-dessus.
Parfait ? Pas tout à fait. Il restait plusieurs mystères autour de "mon"
Henriette - elle était née à Flagnac alors que ses 7 frères et soeurs
étaient nés à Marcolès !? - ses parents n'étaient pas présents à sa
déclaration de naissance !? - son acte de mariage est introuvable à
Flagnac ainsi qu'à Marcolès !?
Bref je savais beaucoup de choses sur Henriette mais impossible de mettre
la main sur son acte de mariage ?! Pendant ce temps la dame Souquières
se lance dans la généalogie.
C'était de ma "faute" !
En revanche c'est Yvette qui fut responsable de mon lancement sur Internet.
Grâce à Internet, Yvette établie un contact avec son cousin Jeff Souquières.
Quelques semaines après Jeff eu l'idée lumineuse de créer un forum de
discussion par internet sur le thème des Souquières. Nous étions trois
(Jeff, Yvette et moi) ... c'était la naissance du groupe. Quelques mois
plus tard, impressionné par l'intérêt de ces forums, j'ai créé un forum
de généalogie dédié au Cantal puis encore après un autre sur l'Aveyron
... je n'oubliais pas mon Henriette ;-)
Sur cette liste d'Aveyron je fais la connaissance (par internet donc
pour ceux qui suivent) d'une ... québécoise vivant au
Québec. Elle a quelques ancêtres à Flagnac. Nous échangeons nos
renseignements. Elle me dit venir à Flagnac en juillet 2001 et ...
me propose son aide. La magie d'internet !!!
Le samedi 7 juillet 2001 je reçois l'acte de mariage de Henriette, enfin,
grace à cette québécoise ! Les raisons de mes recherches
sur les Souquières venaient de trouver un aboutissement. Pour la petite
histoire le papier de mon grand-père était exact sauf l'oncle magistrat
était de Aubin en Aveyron et non d'Aurillac.
Henriette, par sa mère, Jeanne Donzac, avait un oncle Louis Donzac,
juge de paix du canton de Aubin qui l'a élevé durant 9 ans jusqu'à son
mariage. C'est donc à Aubin qu'elle s'est naturellement mariée le 11/10/1859.
D'où les quelques difficultés à retrouver cet acte.
A mes débuts en généalogie, dans des articles des revues, je m'émerveillais
de ces histoires faites de trouvailles, retrouvailles et de hasard.
A mon tour de faire partager ce plaisir ?!
4 - De la généalogie à l'associatif ...
Les Souquières, un club informel de généalogistes amateurs ayant
en commun un ancêtre nommé Souquieres et échangeant par internet s'est
mal terminée. En effet ce club s'est constitué petit à petit durant
5 ans. Il y avait à la fois l'entousiasme de la découverte d'internet
et des relations amicales et d'entraide que l'on pouvait y trouver,
le plaisir d'une passion partagée pour la généalogie et l'unité de lieu
car le patronyme Souquières n'existe que dans une région précise du
Cantal. A partir de nos échanges, j'avais créé un site internet. www.souquieres.org.
Ce fut une aventure collective passionante et chronophage.
Puis ce fut la rupture.
Une superbe dispute ... entre les membres. J'ai ma part de responsabilité.
Il y a eu une mésentente et de fil en aiguille un phénomène croissant
de méfiance ... puis la rupture. Dans son principe d'origine le groupe
n'existe plus mais il se poursuit sous d'autres formes. Je ferai en
sorte que le site qui reste une référence sur la région jusqu'à ce jour
subsiste du moins tant qu'il servira à quelqu'un et quelque chose.
4 - De l'associatif à l'associatif ...
Après cette rupture, et ayant soudain beaucoup de temps à
disposition et à donner je me suis dirigé vers l'association FrancegenWeb.
Fondée par des pionniers d'internet, cette association prone la gratuité
et l'entraide entre généalogistes amateurs grâce à internet. Un
vaste programme.
J'ai eu l'occasion d'y gérer plusieurs "services" et finalement
j'ai en partie abandonné la généalogie active pour m'intéresser
au processus associatif et à la coordination et à la mise en œuvre de
projet associatif. Puis comme j'y prenais du plaisir, je me suis intéréssé
à d'autres associations ... à fond, comme à mon habitude.
Jusqu'à l'overdose parfois. Une douzaine en tout : associations de parent
d'élèves (3 enfants donc 3 associations), politiques (locales et nationales),
caritatives [il vous faudrait retrouver, chers descendants, la biographie
que j'ai rédigé sur mes parents, c'était des spécialistes
dans le genre associatifs], cultures, ...) où j'ai eu le plus souvent
un role dans les Conseils d'Administration (et des postes de Président
parfois).
5 - De la généalogie au présent
Au cours de mes recherches généalogiques, je me suis rendu compte
qu'il était particulièrement intéressant d'obtenir des
détails sur la vie de ces ancêtres. J'ai donc réalisé
deux projets : le premier a été de décrire mes parents.
J'ai ainsi demandé à mon père d'écrire l'histoire de sa vie, ce qu'il
a fait, et j'ai aussi demandé aux amis de mes parents et à des membres
de la famille de les décrire. Et à partir de ces différents témoignages,
j'ai réalisé une description de leurs caractères. Le second projet a
été d'écrire l'histoire de ma vie. Chers descendants, il vous reviendra
de la retrouver. Je tacherai de vous les faire transmettre par un moyen
quelconque que je dois encore étudier.
6 - pour résumé (à ce stade - en 2009)
La vie n'a toujours pas de sens, mais elle a souvent du bon. Et souvent
elle est même très agréable voir jouissive.
Renaud Anzieu