L'enclos Saint-Lazare, la maison Saint-Lazare

De WikiGenWeb
Aller à : navigation, rechercher

L’enclos Saint-Lazare était situé entre la rue de Paradis au sud, la rue du Faubourg Saint-Denis à l'est, le boulevard de la Chapelle au nord et la rue du Faubourg Poissonnière à l'ouest, dans l'actuel 10e arrondissement de Paris, sur les anciens IIIe et Ve arrondissement de Paris.

L'enclos Saint-Lazare (partie sud), 1705
L'enclos Saint-Lazare, cour et passage de la Ferme Saint-Lazare (Paris Xe) 1.jpg
L'enclos Saint-Lazare, cour et passage de la Ferme Saint-Lazare (Paris Xe) 2.jpg
Site de l'ancien hôpital Saint-Lazare (Paris 10e) en restructuration, le carré historique

L'enclos Saint-Lazare, la maison Saint-Lazare

Un enclos de quatre-vingt-douze arpents de Paris : environ trente-deux hectares[1].
Un domaine qui engloberait le site de l'ancienne prison Saint-Lazare, l'église Saint-Vincent de Paul, la gare du Nord et l'hôpital Lariboisière et où l'on récoltait du blé, de l'orge et de la luzerne.

Dans cet enclos on trouvait un moulin et une ferme, la ferme Saint-Lazare, qui est à l'origine de deux noms de voies actuelles : le passage de la Ferme Saint-Lazare et la cour de la Ferme Saint-Lazare[2][3].

Au XIIe siècle une foire est accordée aux lépreux de Saint-Lazare par Louis-le-Gros. Cette foire, dite Saint-Lazare ou Saint-Ladre, sera rachetée en 1181 par Philippe Auguste et transférée aux Champeaux, aux Halles de Paris.
En dédommagement de ce transfert, Philippe-Auguste accorda à Saint-Lazare une autre foire d'un jour durant, elle se tiendra sur une place devant l'église Saint-Laurent.
En 1661, les prêtres de la Mission reprennent la gestion de la foire et la transportent dans l'enclos situé entre Saint-Lazare et les Récollets qui devient l'enclos Saint-Laurent.

Dès 1179 Saint-Lazare reçoit le droit d’établir un aqueduc à travers ses vignes et capte les sources du Pré-Saint-Gervais ou du versant Nord-Est de la colline de Belleville[4]. À partir du XIIe siècle les sources du Pré-Saint-Gervais sont canalisées par la maison Saint-Lazare, propriétaire des terrains, afin d'avoir l'eau courante dans le domaine. L'eau de Saint-Lazare alimentera les premières fontaines parisiennes[4].

En 1632 installation de la congrégation de la mission et de Vincent Depaul à l'ancien prieuré Saint-Lazare.

En 1653 Saint Vincent de Pol fonde avec avec Louise de Marillac, à l'est de l'enclos Saint-Lazare et au nord de l'enclos Saint-Laurent, l'hôpital du Nom de Jésus ou hospice du Saint-Nom de Jésus.

En 1660 c'est la mort de Vincent Depaul à Saint-Lazare, il est inhumé dans un caveau creusé au milieu du chœur de la chapelle de l'église Saint-Lazare le 28 septembre, en présence de Mgr Piccolomini, Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704) encore simple archidiacre de Metz, Armand, prince de Conti (1629-1666), neveu du roi, Marie-Madelaine de Vignerod (Madame de Combalet) Duchesse d'Aiguillon (1604-1675), Marguerite Chétif (Supérieure Générale des Filles de la Charité) et les Filles de la Charité, Mgr Armand de Montmorin Archevêque et Comte de Vienne[5].
Vincent de Paul fut canonisé en 1737.

Vers la fin du XVIIe siècle Saint-Lazare sert de maison de correction pour jeunes débauchés enfermés sur la demande de leur famille, mais aussi pour des prêtres indisciplinés et des aliénés[6].

La nuit du 12 au 13 juillet 1789 la maison Saint-Lazare est totalement pillée et saccagée : c'est le sac de Saint-lazare. Une des plus belle bibliothèque de Paris va disparaitre[7], l'abbé Lebeuf fait état de 18 à 20000 volumes « enlevés, déchirés ou brûlés »[8][9].

En 1792-1793 les Lazaristes sont dispersés suite au décret de la Convention sur la suppression des Ordres religieux et en 1794 un autre décret de la Convention reconnaît Saint-Lazare comme prison. Prison sous la Terreur Saint-Lazare voit ses terrains lotis après la Révolution et devient une prison pour femmes.

Les lotissements de l'enclos du XVIIIe au XXe siècle

Le domaine de Saint-Lazare est le plus vaste enclos de Paris à la fin du XVIIIe[10].

Les constructions après lotissement sont multiples, la caserne de la Nouvelle-France, le quartier de la Nouvelle France puis faubourg Poissonnière et l'église Saint-Vincent de Paul sur la butte du clos, les gares du Nord et de l'Est, la prison puis l'hôpital Saint-Lazare, l'hôpital Lariboisière pour les principaux.

L'église de la léproserie est démolie en 1823 du fait de son mauvais état. L'ancienne église Saint-Lazare avait son entrée sur le faubourg Saint-Denis, à l'emplacement de la crêche « Paul Strauss », square Alban Satragne. Il était d'usage d'y déposer pendant quelques instants le corps des roi décédés avant de les conduire à la basilique Saint-Denis. Des souterrains, aujourd'hui murés, conduisaient de l'église Saint-Lazare à l'église Saint-Laurent et de cette dernière au couvent des Récollets[11].

Période contemporaine

En 1913 d'anciennes cryptes existaient toujours[12] et malgré une demande de classement[13], c'est le parking souterrain « Magenta Alban Satragne » qui occupera l'espace en 1971.

L'ancienne prison devient vers 1930 la « maison de santé Saint-Lazare » puis, après que la préfecture cesse d'administrer cette maison vers 1961, elle est cédée à l'Assistance publique, et devient l'hôpital Saint-Lazare, qui ferme définitivement fin 1998. Il ne reste actuellement de la prison et de l'hôpital Saint-Lazare que l'infirmerie et la chapelle construites toutes deux par Louis-Pierre Baltard en 1834 et dont les bâtiments ont été restaurés en 1931 par Gaston Lefol.

L'ensemble des bâtiments subsistants sont inscrits au titre des monuments historiques[14].

Cet îlot, délimité par la rue du Faubourg Saint-Denis, la rue de Paradis, la rue de Chabrol et la rue d'Hauteville, fait actuellement l'objet d'un vaste projet d'aménagement initié à partir de 1999 par la Ville de Paris : réalisation d'équipements culturels, sportifs et scolaires, mise en valeur des bâtiments historiques et création d'un un parc paysager[15][16][17][18].

Par arrêté municipal du 1er février 2008 l'ancienne voie V/10, entre le square Alban Satragne et la cour de la Ferme Saint-Lazare, est nommée rue Léon Schwartzenberg.

Quelques membres de la maison de Saint-Lazare

  • Vincent de Paul ou Vincent Depaul, mort le 27 septembre 1660 à Saint-Lazare, Maison de Saint-Lazare de 1632 à 1660
  • Louis Debras, superieur de la congrégation de la mission, Paris, Maison de Saint-Lazare en 1761 (Minutes des notaires de Paris, 1761)
  • Louis Dupille, frère de la congrégation de la mission, Paris, Maison de Saint-Lazare en 1761 (Minutes des notaires de Paris, 1761 septembre 30 - ET/XXX/369)
  • Adam Dyrtoys, Maréchal à la Maison de Saint-Lazare en août 1551 (Minutes des notaires de Paris, 1551 août 12 - ET/CXXII/144)
  • Nicolas Fliche, Maréchal à la Maison de Saint-Lazare en août 1551 (Minutes des notaires de Paris, 1551 août 12 - ET/CXXII/144)
  • Antoine Jacquier, assistant du supérieur, Paris, Maison de Saint-Lazare en 1761 (Minutes des notaires de Paris, 1761)
  • Charles Mace, assistant du supérieur, Paris, Maison de Saint-Lazare en 1761 (Minutes des notaires de Paris, 1761)
  • Nicolas Mary, frère de la congrégation de la mission, Paris, Maison de Saint-Lazare en 1761 (Minutes des notaires de Paris, 1761 octobre - ET/XXX/369)
  • Jean Baptiste Noyelle, prêtre et procureur de la congrégation de la mission, Paris, Maison de Saint-Lazare en 1761 (Minutes des notaires de Paris, 1761)
  • Jean Joseph Hyacinthe Tessory, assistant du supérieur, Paris, Maison de Saint-Lazare en 1761 (Minutes des notaires de Paris, 1761)

Annexes

Liens

Notes et références

  1. L'arpent de Paris était une unité de mesure de superficie équivalente à 100 perches de Paris carrées
  2. Extrait de la nomenclature officielle des voies de Paris : Passage de la FERME SAINT-LAZARE
  3. Extrait de la nomenclature officielle des voies de Paris : Cour de la FERME SAINT-LAZARE
  4. 4,0 et 4,1 [pdf]L’alimentation et les usages de l’eau à Paris du XIIe au XVIe par Paul BENOIT Université Paris 1 (p.2)
  5. ÉPHÉMÉRIDES de la Congrégation de la Mission : 28 septembre
  6. Histoire de Saint-Lazare (1122-1912) Eugène Pottet 1912 (P.22)
  7. Histoire de Saint-Lazare (1122-1912) (1e éd.) / Eugène Pottet 1912 (p.31 et p.101 et suivantes)
  8. Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Volume 3 - Lebeuf (Abbé) (p.361)
  9. Histoire physique, civile et morale de Paris: depuis les premiers ... volume 1 Par Jacques-Antoine Dulaure (P.331)
  10. L'Hopital de Lariboisiere, l'enclos Saint Lazare Guérard (p.19)
  11. Paris 10e - histoire, monuments et culture - Edmond Ronzevalle (éditions Martelle)
  12. Saint-Lazare, la crypte : photographie de presse / Agence Rol 1913
  13. Correspondance : découverte d'une crypte ; demande de classement ; documentation 1884-1933 sur www.culture.gouv.fr
  14. « Notice no PA75100008 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Conseil Municipal de Paris - Délibérations 26 et 27 mai 2003 : Ref 2003 DPA 209-1 (Restructuration du site de l'ancien hôpital Saint Lazare - Bilan de la concertation)
  16. Conseil Municipal de Paris - Délibérations 26 et 27 mai 2003 : Ref 2003 DPA 209-2 (Restructuration du site de l'ancien hôpital Saint Lazare - Avis favorable au projet d'aménagement envisagé et au programme des équipements publics)
  17. Conseil Municipal de Paris - Délibérations 26 et 27 mai 2003 : Ref 2003 DPA 209-3 (Restructuration du site de l'ancien hôpital Saint Lazare - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention de mandat de maîtrise d'ouvrage avec la Société d'Economie Mixte d'Aménagement de la Ville de Paris (SEMAVIP) chargeant cette société de concevoir et de réaliser, au nom et pour le compte de la Ville de Paris, la première phase du programme et du projet d'aménagement envisagés ainsi que la poursuite des études relatives à la seconde phase)
  18. Conseil Municipal de Paris - Délibérations 26 et 27 mai 2003 : Ref 2003 DPA 209-4 (Restructuration du site de l'ancien hôpital Saint Lazare - Autorisation à la SEMAVIP, maître d'ouvrage délégué, de déposer les demandes de permis de construire pour l'ensemble de la première phase, à l'exception de l'école, et des demandes de permis de démolir concernant les parties à réhabiliter du "carré historique")