|
|
LorraineGenWeb |
|
EMIGRATION EN LORRAINE AU XlXème SIECLE
Rares sont les familles lorraines "familles au sens large" qui ne comptent pas
au moins un émigrant parmi leurs membres. Dans la plupart des cas, c'est un "américain".
La rencontre avec ce parent au comportement original peut se faire de deux manières
différentes. I1 nous est "présenté";" par un ancien de notre famille qui a entendu dire
qu'un tel était parti pour l'Amérique. Cela reste dans le vague le plus absolu.
On ne sait même plus très bien de qui il s'agit, au juste.
On ne saurait naturellement pas, non plus, répondre aux questions quand ? comment ?
La deuxième façon d'entrer en contact est un document officiel sur lequel nous tombons au cours
de nos recherches : acte d'état-civil, notarié ou autre. A la naissance d'un enfant, au mariage
d'un fils ou d'une fille, le père était absent pour cause de voyage en Amérique...
Et notre curiosité se trouve éveillée d'emblée;parce que ce marginal nous conduit hors du cadre
habituel, étroit,de nos recherches routinières. Parce que aussi, nous continuons de subir,
comme les émigrants, l'attrait de la libre Arnérique,lointaine et fascinante à la fois.
Par définition, les émigrants sont des personnages difficiles à saisir. Et pourtant, nous
allons tenter de suivre ces grands voyageurs à la trace; saisir l'insaisissable, telle
est la gageure que nous nous imposons.
Les documents que nous pouvons mettre en oeuvre pour notre enquête sont de nature diverse.
On peut les ranger en deux grandes catégories : ceux qui ont trait au voyage et ceux qui
concernent le séjour de l'émigrant, dans le pays d'origine, puis dans sa "nouvelle patrie",
outre-mer.
LE VOYAGE
Des listes de demandes de passeports (parfois des souches) sont conservées dans certains
dépôts d'archives départementales (serie M) ou aux Archives Nationales. Le passeport à
l'étranger était obligatoire pour émigrer, mais beaucoup se contentaient d'un passeport à
l'intérieur (pour le Havre),beaucoup moins cher. De toute manière, ces listes sont souvent
incomplètes,lorsqu'elles ne font pas complètement défaut.
I1 faut ici déplorer la mise au pilon d'un grand nombre de ces demandes aux Archives
Nationales; et aussi la disparition irrémédiable des listes de passagers exigées des
commandants de navire quittant les ports français ( en application du décret de 1855).
Fort heureusement, des listes similaires existent, complètes,pour les passagers
débarqués dans les ports U.S. à partir de 1820. Mais le problème réside dans le foisonnement
de ces "passenger lists", et la difficulté d'en lire les copies microfilmées, sur place,
aux Etats-Unis.
LES SEJOURS
L'état-civil français, les archives militaires (série R des A.D.), l'inscription des
hypothèques série Q des A.D.) et parfois des actes notariés attestent la présence des
émigrants avant leur départ.
Aux Etats-Unis, ils laissent des traces dans les registres paroissiaux des églises qu'ils
fréquentent (par exemple Saint Vincent de Paul de New-York city). Beaucoup deviennent citoyens
américains (actes de naturalisation) ou s'ils sont restés Français et sont originaires de
la Lorraine annexée, ils optent pour la France après le traité de Francfort (fichier aux
A.N. signalépar un auditeur).
L'idéal serait de pouvoir profiter à la fois des sources françaises et américaines. C'est
possible lorsqu'on a réussi à établir le contact avec des descendants américains des émigrants
qui nous intéressent.
"Lettres d'Amérique" (rares), témoignages directs des anciens émigrants (il faut se dépêcher)
ou indirects (enfants, petits-enfants d'émigrants), complètent l'arsenal
à notre disposition. C'est à la fois peu et beaucoup. I1 nous faut nous résigner à accepter
que subsistent des zones d' ombre dans la vie des émigrants que nous tentons de reconstituer.
Nous serons satisfaits lorsque nous aurons réussi à réduire ces périodes obscures au minimum.
Camille MAIRE
Les
services offerts par FranceGenWeb<













FranceGenWeb est membre de WorldGenWeb
© 03 mars 2000 - GB pour FranceGenWeb Lorraine