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Messages à nos descendants ...
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Nicole Ducloux, née en 1937 |
À mes descendants !
C’est une grand-mère qui vous parle, en fin 2001 ! Le passé, pour la plupart d’entre vous, n’est peut-être pas encore l’objet de vos préoccupations. Et il ne le sera peut-être jamais. Pourtant, en ce début du XXI° siècle, je suis certaine que, plus tard, l’un ou l’une d’entre vous, au moins, éprouvera tout à coup le besoin de savoir d’OÙ il (ou elle) vient, ce qui caractérisait ses ancêtres, comment ils vivaient et ce qu’ils sont susceptibles de lui avoir transmis, involontairement ou inconsciemment le plus souvent. Moi, je suis de la première moitié du XX° siècle. Si vous avez appris l’HISTOIRE à l’école (l’appelle-t-on encore comme ça, de vos jours ?), vous saurez tout de suite ce qui a caractérisé mon époque : la deuxième guerre mondiale, la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, d’autres conflits graves, les débuts de la conquête spatiale, la technologie aux progrès rapides dans tous les domaines, les droits de l’Homme un peu mieux défendus, ceux de l’Enfant enfin reconnus, la prise de conscience de la pollution de notre planète par les humains, les changements climatiques accélérés, etc. Que vous avons-nous laissé en héritage ? Certainement du bon et du mauvais !.. Pour toutes les erreurs humaines de mon époque, pardon, même si je n’y suis pour presque rien. Pour le reste, sachez que vous pourrez retrouver, s’ils ne sont pas détruits au cours des temps, des documents sur une partie de votre généalogie, la mienne. Cherchez-les :
- J’ai tellement entendu parler de mon grand-père paternel, journaliste, disparu au front durant la première guerre mondiale, par ma grand-mère qui m’a élevée, que j’ai retranscrit toute sa correspondance, avant qu’elle ne s’efface :
«À la mémoire de Gaston (16/02/1886-28/09/1915)»
- Mon enfance a toujours intéressé mes propres enfants. J’en ai cinq, qui m’ont donné à ce jour dix petits enfants. À l’intention des premiers, qui me demandaient sans cesse «comment c’était dans ton temps», j’ai écrit ceci :
«Quicol’Stories, ou Les sacrées histoires de Mounette». - Puis j’ai pensé (mais peut-être me suis-je trompée) que certains de mes enfants aimeraient un jour écrire, à leur tour, leurs souvenirs les plus marquants.
Pour les y aider, j’ai rassemblé tout ce dont je me souvenais, ou ce dont j’étais certaine, preuves à l’appui. J’ai d’abord relaté des évènements qu’ils ne pouvaient pas connaître, puisque antérieurs à leur naissance. C’est, en quelque sorte, une suite de “Quicol’Stories”. J’ai dressé ensuite une liste chronologique d’autres événements, ceux que nous avons vécus ensemble ou séparément, en les exposant succinctement. Cette liste est censée apporter des points de repère à ceux qui se lanceront dans la rédaction de leurs mémoires et aidera les autres à se souvenir, peut-être avec une certaine nostalgie, de ce qu’ils ont vécu. Cette chronologie est forcément non exhaustive. À eux de la compléter !... L’ensemble a un sens. Il constitue l’histoire d’une cellule familiale et je l’ai tout simplement baptisé : « Repères, pour mettre en ordre vos souvenirs. »
- Enfin, sachez que vous avez, partiellement bien sûr, une origine tsigane. Il ne faut peut-être pas le crier sur les toits, de nos jours, tant le racisme est encore important. J’espère que, dans votre futur, ce ne sera plus un problème ! Je pense nécessaire de vous dire tout cela malgré tout. Le monde tsigane est un monde accueillant, une pluri-culture pluri-dimensionnelle, un creuset où se mêlent, sur un fonds ancien et persistant venant de l'Inde, les apports de multiples peuples, de multiples individus et les influences de multiples langues. C'est donc un monde riche par son cosmopolitisme. J’ai donc rédigé ceci : « Quand l’oral s’écrit. Un apport en Ethno-Linguistique : SERAM MA (Je me souviens), ou Les souvenirs d’un tsigane lovari », transcrits, traduits, commentés et illustrés par moi-même, dite Nina. Mais mes enfants, eux, m’appellent Mounette. - J’ai rédigé aussi d’autres documents, mais ils ne seront pas très importants pour vous, généalogiquement parlant bien sûr. Voilà, c’est tout ce que je voulais vous dire. À mon âge, une seule chose apparaît essentielle : Que les hommes ne soient plus des loups pour les autres hommes !.. Soyez des hommes et des femmes de paix, respectez vos semblables et tout ce qui vit. « Quand on n’a que l’amour
Votre ancêtre, Nicole Ducloux À s’offrir en partage Au jour du grand voyage… » (Jacques Brel) Novembre 2001
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