On trouve sur cette page de blog une liste de grands procès de sorcellerie en France.

La chasse aux sorcières qui sévit dans toute l’Europe occidentale et chrétienne au tournant des XVIe et XVIIe siècles s’inscrit dans le contexte des guerres de religion, de la Réforme protestante et surtout de la Contre-Réforme, c’est-à-dire dans un processus de conquête ou de reconquête des masses populaires au catholicisme. La lutte contre le diable et ses suppôts – les sorciers – semble prolonger idéologiquement les procès menés dans la première moitié du XVIe siècle contre les hérétiques.

Comme nous le rappelle les archives du Lot et Garonne, l’abondance des procédures engagées à partir du XVIIe siècle peut enfin s’expliquer par la politique de reconquête religieuse initiée par le concile de Trente après la crise du XVIe siècle. Une politique de reconquête qui passe par une lutte acharnée contre toutes les formes de déviance et de paganisme aussitôt assimilées à de la sorcellerie.

Une analyse du phénomène en Lorraine montre que les accusations sont toujours à l'origine de ressentiment entre le dénonceur et le dénoncé, le Juge ne remet jamais en cause les témoignages et, pire, parvient presque tout le temps à faire avouer les accusés (notamment sous la torture), dans la plupart des procès, jusqu'à la séance de torture, les prévenus nient, semblent de bonne foi et ne montrent aucune forme de folie.

En Alsace au cours de deux siècles de persécutions, quelque 5 000 sorcières ont été jugées, torturées et exécutées.

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