La Revue Française de Généalogie nous propose un résumé de la situation:

  • L'amendement n°98 est en quelque sorte la base de revendications pro-ADN : autoriser "l’examen des caractéristiques génétiques d’une personne à des fins de recherche généalogique, en vue de rechercher d’éventuelles proximités de parenté ou d’estimer des origines géographiques"
  • L'amendement n°169 veut que le traitement et le stockage des données génétiques soit réalisé sur le territoire français.
  • L'amendement n°76 s'inquiète des conséquences de l’interdiction actuelle des tests génétiques. Elle aboutit "à une situation préjudiciable : la cession de données génétiques personnelles à des sociétés étrangères en dehors de tout contrôle et à la délivrance d’informations génétiques d’ordre médical sans conseil délivré par des professionnels qualifiés". En conséquence cet amendement pose comme condition le respect d'un référentiel de qualité établi par l'agence de biomédecine.

On voit donc que l'amendement 98 se moque de la légitimité scientifique en autorisant des estimations d'origine géographiques qui n'ont aucun sens. On voit aussi que ces tests recherchent des proximité de parentés, c'est à dire clairement la disparition de l'anonymat des dons de gamète et d'ovule. On voit que l'amendement 169 présuppose que les hébergements de données sont faits hors cloud sur des serveurs nationaux. C'est un luxe que peu d'entreprises peuvent se permettre à ce jour. On voit enfin que l'amendement 76 prévoit que des informations médicales pourront être tirées de ces tests, ouvrant ainsi la voie à toutes les dérives déjà montrées ici

Une autre info passée inaperçue est que même les vrais jumeaux peuvent avoir des différences génétiques comme nous le relate en français le Huffington Post. Cela concerne environ 20% des jumeaux. Pour 10% ces différences sont modérées et pour 10% elles sont significatives. Encore un biais non pris en compte dans tous les calculs de centimorgans ?

L'info suivante, elle aussi passée sous les radars, est que la police française procède depuis 2012 à des recherches d'identification ADN en parentèle dans le fichier FNAEG. Pour l'instant cela n'a servi qu'une soixantaine de fois. Depuis 2016, une loi encadre cette pratique : (article 706-56-1-1 du code de procédure pénale). En 2019 le fichier FNAEG contenait les profils génétiques de près de 3,5 millions d’individus et 662 000 traces non identifiées. C’est le deuxième plus gros fichier de ce type en Europe après celui de la Grande-Bretagne. Les profils des condamnés y sont conservés pendant quarante ans, ceux des suspects vingt-cinq ans. La France a d’ailleurs été condamnée en 2017 par la Cour Européenne des droits de l’homme à réviser cette durée, ce qui n’est pas encore fait. Les enquêteurs policiers et gendarmes espèrent quant à eux pouvoir à l'avenir interroger comme aux Etats-Unis, les bases de données généalogiques.

Enfin 23andMe change aussi d'actionnaire et vient de conclure un accord de 4 millions de dollars avec le SPAC "VG Acquisition Corp". La valeur de 23andMe est estimée à 2.5 millions de dollars, c'est donc une multiplication par plus de 2 de ses capacités financières que cherche cette entreprise. Elle profite d'ailleurs de la situation actuelle, elle a lancé une étude l'an dernier sur l'influence du génome sur la sévérité des effets de la Covid, et vient de lancer un calculateur de sévérité qui calcule la probabilité d'être hospitalisé.