Un article du Monde Informatique, intitulé "L'open source et le syndrome du parasite" a été à l'origine de ce post. Les biens publics et les biens communs sont ce que les économistes appellent des biens non exclusifs, ce qui signifie qu'il est difficile d'empêcher les gens de les utiliser. Par exemple, tout le monde peut bénéficier des lieux de pêche, qu'il contribue ou non à leur entretien. En termes simples, ces types de bien sont libre d’accès. La différence entre un bien public et un bien commun est donnée par l'auteur de l'article du Monde, c'est la notion de rivalité. Un bien commun induit une rivalité "si un individu attrape un poisson et le mange, un autre ne pourra pas" alors qu'un bien public ne l'induit pas "quelqu'un qui écoute la radio n'empêche pas les autres de l'écouter".

L'article rappelle aussi que les études scientifiques montrent que les groupes n'agissent pas selon leurs intérêts communs. Les membres sont découragés de cotiser lorsque d'autres membres ne peuvent pas être exclus des avantages sociaux. Il est rationnel, sur le plan individuel, que les membres d'un groupe profitent librement des contributions des autres. Cela nous ramène à l'article précédent sur ce blog, ou nous rappelions que les généalogistes peuvent être à la foi égoïstes et altruistes. Cela me fait également penser à la difficulté qu'il y a pour de nombreuses associations à trouver des bénévoles qui veulent bien s'occuper du fonctionnement, de la structure. En ce sens l'éditorial du bulletin de septembre du Cercle Généalogique d'Ille-et-Vilaine indiquant que tous les administrateurs arrêteront leur fonction à la prochaine assemblée générale si aucune candidature ne se déclare, nous montre que la crise de bénévolat peut être criante.

L'article nous rappelle également que les deux approches les plus courantes pour l'entretien d'un bien commun sont la centralisation et la privatisation. Lorsqu'un bien commun est centralisé, le gouvernement prend en charge le maintien du bien commun. Lorsqu'un bien public est privatisé, un ou plusieurs membres du groupe reçoivent des avantages sélectifs ou des droits exclusifs sur ce bien commun en échange de son entretien continu. Si l'on replace ça dans le monde généalogique les archives numérisées sont prises en charge par les départements mais des acteurs privés peuvent également s'en charger comme Familysearch par exemple. Une troisième solution existe cependant qui est l'auto-gestion par des communautés d'utilisateurs comme la gestion des systèmes d'irrigation en Espagne à l'entretien des forêts de montagne au Japon. C'est un peu comme si les associations généalogiques prenaient en charge ces fonctions dans des zones où aucun des acteurs n'est présent (archives locales, séries peu consultées ...)

Alors qu'en pensez-vous, est-ce l'avenir des associations généalogiques ?