On lira donc avec attention les articles de Jean-Noël Jeanneney [1] (contre l'idée, article du 8 novembre), de Pierre Bercis [2] (pour l'idée, article du 16 novembre) et de Gonzague Saint Bris [3] (pour l'idée, article du 5 décembre).

Indépendamment des sous-entendus politiques que les uns ou les autres voudraient placer dans cette histoire, rappelons le sens qu'a un transfert au Panthéon. L'église voulue par Louis XV et construite par Soufflot ne fut terminé que sous la révolution et devint directement une "nécropole aux personnalités exceptionnelles qui contribueront à la grandeur de la France" (décret du 4 avril 1791 de l'Assemblée Nationale). Au fronton, est placée l’inscription suggérée par Pastoret : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante »

Le premier empire lui gardera une fonction partielle de panthéon, mais de 1821 à 1830 et sous le Second Empire (1851-1870), l’édifice redevient une église. Néanmoins, la fonction de panthéon aura été utilisée aussi bien par le premier empire, la monarchie de Juillet et les républiques. Les 65 "grands hommes" à y être enterrés sont considérés comme des héros de la patrie, peu importe le régime constitutionnel auxquels ils aient cru. En conséquence, l'un des arguments (le fait que La Fayette n'était pas très républicain) de J-N Jeanneney me semble tomber de lui-même.

On pourra remarquer également que La Fayette a déjà une sépulture "extraordinaire", puisqu'il est enterré au cimetière de Picpus, cimetière parisien un peu caché il est vrai (il faut pousser la porte du 35 de la Rue de Picpus pour y entrer) qui ne contient que 1306 noms.

Alors La Fayette ira-t-il au Panthéon ou non ? L'avenir nous le dira !

Notes

[1] historien, professeur à Sciences Po et ancien président de la Mission du Bicentenaire de la Révolution en 1989

[2] président de Nouveaux Droits de l'Homme

[3] écrivain, auteur d'une biographie sur La Fayette