La FFG a bien joué le jeu et transmis notre suggestion mais deux ans plus tard, toujours point de réponse écrite de la part des archives. En parlant du problème à quelques interlocuteurs, il semblerait que les plaques émaillées soient aux frontières du patrimoine et des archives et que donc notre question se soit perdue dans les méandres administratifs entre ces deux directions du ministère de la culture...

Pour bien comprendre de quoi il s'agit, regardons tout d'abord une plaque que le temps n'a que peu endommagée. Si elle a perdu ses couleurs d'origine (le vert et le rouge de la couronne laurier-chêne sont bien pâles) les inscriptions sont encore bien lisibles, la photographie est en bon état. Un peu de rouille est déposée sur les bords et le bas de l'émail a été endommagé... cependant rien d'irréversible à tout ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prenons une plaque plus endommagée. Là aussi les couleurs d'origine ont partiellement disparu (surtout au niveau des médailles, il faut avoir l'habitude pour reconnaitre la médaille militaire et la croix de guerre. La photo est peu exploitable (d'ailleurs sur MémorialGenWeb nous avons préféré son négatif) et les informations sont peu visibles et disparaitront d'ici peu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin regardons une plaque bien endommagée. Il n'y a plus de couleurs (photos, médailles et couronnes sont à peine visibles) . Le texte a disparu ! Quand à la rouille elle dévore le support et l'émail s'écaille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces trois plaques proviennent du monument aux morts de Villegenon (18), situé dans le cimetière. Remarquons, qu'en l'absence de consignes spécifiques, la municipalité n'est pas à blâmer ! Elle a "sauvé" ces plaques privées qui souvent étaient sur les tombeaux familiaux et les a regroupé autour du monument aux morts. D'autres communes n'en font pas autant et les détruisent quand la tombe est relevée car elles relèvent des ornements privés de tombes privées.

Il serait temps de prendre conscience que ces plaques émaillées témoignent d'un vrai art funéraire du début du 20e siècle, ainsi que d'un respect particulier apporté par les familles à leurs morts pour la patrie. Il est urgent de lancer une politique de sauvegarde de ces plaques qui, une foi restaurées, peuvent rejoindre un musée sur la guerre ou un musée de la photographie, sans parler de l'utilité de la photo pour les descendants qui sera parfois la seule retrouvée de leur aïeul.